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  • Photo du rédacteurValérie DEBIEUX

"L'Avancée en âge: Ses richesses, ses écueils", Marianna Gawrysiak; avec une préface du Dr Jean Martin

Dernière mise à jour : 21 juin


« Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, à l’édifice immense du souvenir. » ~Marcel Proust

 

« Il vaut mieux soigner la santé que la maladie » ~ Germaine Cousin-Zermatten

 

 

Quand l’heure de la retraite sonne, ce n’est pas le glas d’une existence active, mais bien le carillon mélodieux d’une nouvelle symphonie. La vie, ce fameux « voyage au long cours », ne s’achève point à l’orée de la retraite ; elle se métamorphose, se réinvente et s’épanouit sous des cieux encore plus vastes et lumineux.

 

La retraite est une toile vierge, prête à recevoir les couleurs éclatantes de nos passions redécouvertes. C’est le moment où les rêves longtemps endormis peuvent enfin s’éveiller. Danser au rythme des vagues, écrire des poèmes, peindre, se perdre dans les pages d’un livre ou se retrouver dans le silence d’une forêt, tout cela devient possible.

 

C’est le temps de la sérénité, où le tumulte des obligations laisse place à la douce mélodie de la liberté. On découvre alors que les heures s’étirent non plus en chaînes, mais en ailes. Que l’horloge ne bat plus en tyran, mais en compagnon de route. Et que chaque lever de soleil est une invitation à l’aventure, à la découverte de soi et du monde.

 

Pour certains, le travail fut une passion ; pour d’autres, un devoir. Mais pour tous, la retraite peut être le plus beau des voyages, celui qui ne nécessite ni bagages ni billets, juste un cœur ouvert et une âme prête à s’émerveiller.

 

« Nous n’apprenons pas à vieillir en écoutant les autres. Vieillir est une affaire personnelle, intime ; c’est un apprentissage qui nous appartient en propre, un savoir – une sagesse – qui se construit lentement et qui demande toute une vie : c’est la somme des expériences, des réflexions, des joies et des peines, des défaites et des victoires, des certitudes et des doutes que nous avons amassés… Vieillir, c’est prendre conscience, peut-être pour la première fois, de la durée : de celle qui est derrière nous, ces soixante, septante, huitante années qui dessinent une sorte de cheminement, une destinée ; mais aussi de cette durée qui est encore devant nous, de ce temps qui nous reste pour achever notre voyage sur ce bon globe, pour lui donner peut-être une sorte de grandeur ; vieillir, c’est enfin prendre conscience que cette durée prendra fin un jour, que le rideau tombera sur la grande scène de la vie. Cette longue méditation de la durée de notre vie, n’est-ce pas cela qui seul peut nous conduire à une forme de sagesse, un authentique art de bien vieillir ? »

 

Dans cet essai, à la fois humain et percutant, Marianna Gawrysiak explore avec une sensibilité rare les contours de la vieillesse et invite le lecteur à franchir l’odyssée de l’âge avançant, à regarder l’avenir avec sérénité, à embrasser chaque instant avec gratitude et à cultiver la beauté d’une existence pleinement vécue, même lorsque le temps fait son œuvre. Dans sa sagesse infinie, la vie ne s’arrête jamais vraiment. Elle change de forme, de rythme, de paysage, mais elle continue de chanter, de rire et de rêver, toujours plus fort, toujours plus loin. Ce livre est un antidote à prescrire à tous les « voyageurs fatigués » qui seront rapidement reconvertis en « aventuriers émerveillés », prêts à embrasser l’inconnu et à célébrer chaque instant, en compagnie des leurs.

 

                                                                                              

                                                                                                Valérie DEBIEUX (2024)


(Éditions de l'Aire, octobre 2022, 384 pages)

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